L’écriture romanesque représente avant tout une manière de laisser une trace. Une trace intime, humaine, sensible. Dans un monde où tout semble devenir rapide, immédiat et oublié presque aussitôt, le roman permet au contraire de ralentir le temps, de fixer des émotions, des paysages, des visages, des peurs et des rêves. Chaque histoire devient une mémoire vivante capable de traverser les années.
Écrire, c’est aussi prolonger l’imaginaire. Offrir des lieux où il reste possible de rêver, même lorsque la réalité devient dure, bruyante ou inquiétante. Les romans permettent de créer des mondes dans lesquels les lecteurs peuvent s’évader, ressentir, explorer des territoires inconnus ou retrouver des émotions enfouies. Derrière les forêts mystérieuses, les villages oubliés, les tensions géopolitiques ou les personnages fragiles, il y a toujours cette volonté de faire voyager l’esprit et de réveiller quelque chose d’universel.
Le roman possède également une force particulière : celle de faire vivre plusieurs existences en une seule. À travers les personnages, leurs blessures, leurs espoirs, leurs combats ou leurs silences, l’écriture devient une manière d’explorer la complexité humaine. Elle permet de ressentir le monde autrement, d’approcher des vies très éloignées des nôtres, mais aussi de mieux comprendre nos propres peurs, nos attachements et nos contradictions.
Cette démarche s’inscrit dans une vision profondément immersive de la littérature. Les histoires ne sont pas pensées comme de simples récits, mais comme des expériences émotionnelles et sensorielles. L’atmosphère, les paysages, les sons, les saisons, les regards et les silences occupent une place aussi importante que l’intrigue elle-même. Chaque roman cherche à créer un univers dans lequel le lecteur peut véritablement entrer et habiter pendant quelques heures.
Qu’il s’agisse des forêts secrètes des Enfants des Bois ou des tensions internationales de La Chute de Minsk, l’écriture poursuit finalement une même quête : raconter l’humain face à ce qui le dépasse. La mémoire, la peur, la guerre, l’enfance, la solitude, la transmission, l’amour ou la disparition deviennent autant de façons d’interroger notre époque tout en continuant à faire vivre le pouvoir fondamental du récit : celui de rêver, ressentir et transmettre.
La chute de Minsk
En 2026, alors que l’invasion de l’Ukraine par la Russie est entrée dans sa quatrième année, l’Europe s’est habituée à une guerre qu’elle croyait lointaine. Mais lorsqu’une mystérieuse explosion frappe une base militaire russe en Biélorussie et que les tensions atteignent les frontières des États baltes, l’équilibre du continent vacille.
À Tallinn, le président estonien Alar Karis comprend avant les autres que l’Europe est entrée dans une nouvelle ère. Dans l’ombre, une équipe d’ingénieurs dirigée par le brillant Edvīns Kalnins développe MIIL, une technologie révolutionnaire capable de détourner les drones ennemis et de retourner leurs propres armes contre eux.
Lorsque les forces russes franchissent les frontières baltes, l’OTAN hésite. Les gouvernements occidentaux doutent. Seule une poignée de dirigeants refuse la résignation. Tandis que la guerre menace de devenir mondiale, une jeune résistante biélorusse, Daria Lobanova, membre du mouvement clandestin Volia, devient malgré elle le symbole d’un peuple qui refuse de vivre sous la peur.
De Tallinn à Minsk, de Bruxelles à Washington, des centres de cybersécurité aux prisons secrètes de Biélorussie, se joue une lutte où les missiles côtoient les algorithmes, où la propagande affronte la vérité et où la volonté des peuples devient une arme aussi puissante que les armées.
À travers une vaste fresque géopolitique mêlant espionnage, guerre hybride, résistance civile et affrontements diplomatiques, La Chute de Minsk raconte l’effondrement d’un ordre mondial ancien et la naissance douloureuse d’une Europe contrainte de prendre son destin en main.
Thriller d’anticipation, roman de guerre et réflexion sur la liberté, La Chute de Minsk interroge une question essentielle : qu’est-ce qui fait réellement tomber les empires ? Les armes, ou la peur ?
Lily des bois, tome i
Alors qu’ils entament une retraite paisible dans leur maison de campagne à Pierrefonds, au cœur de l’Oise, Maurice et Francine Duvallon découvrent une mystérieuse fillette, Lily, endormie sous les feuilles de la grande forêt. Sans identité, sans souvenirs officiels, elle ne semble exister que pour la forêt elle-même. D’abord accueillie avec curiosité, elle devient vite source de trouble et de chaos dans leur quotidien trop bien réglé. Déroutés par son comportement étrange, ses récits sur d’autres enfants cachés dans les bois, et incapables d’en assumer la présence, les Duvallon la confient brutalement à un orphelinat strict : l’Institut Saint-Clément. Mais Lily n’est pas une enfant comme les autres. Elle fait partie d’un groupe d’orphelins isolés, mais libres : « les enfants des bois », qui vivent en dehors du monde des adultes, dans une grotte dissimulée sous les arbres. Parmi eux, son frère, Martin, sent sa disparition comme une déchirure intérieure. Poussé par un lien invisible, il se rapproche dangereusement du monde des grands et parvient, au prix d’un plan risqué, à libérer Lily, et avec elle, une poignée d’autres enfants abandonnés. Ce retour dans la forêt marque une renaissance. À travers un rituel d’accueil et de transmission, Martin enseigne aux nouveaux arrivés les lois des bois, l’autonomie, la solidarité et le respect de la forêt vivante qui les protège. Pendant ce temps, les Duvallon, rongés par le remords, sentent que quelque chose en eux change. Des rêves, des réminiscences, des signes du passé ressurgissent : et s’ils avaient, eux aussi, un jour appartenu à la forêt ? Leur mémoire se fissure. Ils comprennent qu’ils ont peut-être été eux-mêmes des enfants des bois… oubliés. Ils décident alors de retourner, à pied, dans la forêt.
les enfants des bois, tome ii
Martin a grandi à Paris, dans le petit deux-pièces d’un immeuble gris de la rue Blanche. Avec sa mère, Anna, il partage une vie fragile, suspendue, nourrie d’une tendresse rare et de récits murmurés. Avant Paris, il y avait eu l’Ardèche — un coin de nature et de souvenirs. Une mère plus libre, plus vivante. Et puis la rupture. Un exil. Anna est venue à Paris, dans l’ombre. Et c’est là que Martin a connu Peï, la seule adulte vraiment digne de confiance qui l’aidait à grandir sans trahir son enfance.
Quand Anna découvre qu’elle est enceinte d’un homme de passage — Pierre — elle ne dit rien. Elle sait qu’elle ne pourra pas tout affronter. Alors elle quitte la capitale, abandonne ses petits boulots, et prend refuge à Compiègne, chez Nadia, une amie chère. Elle espère y renaître. Elle espère offrir à Martin, et au bébé à venir, un début de paix.
Lily naît en hiver. Une petite sœur douce et attentive. Martin apprend à devenir grand frère dans la lumière feutrée d’une maison entourée de jardins. Mais Anna, elle, décline. Quelque chose en elle se défait lentement. Les consultations s’enchaînent, les diagnostics se cherchent. Bientôt, il ne s’agit plus d’avoir peur : il s’agit de se préparer. Et Martin comprend, avec une lucidité d’enfant, qu’il va perdre sa mère.
Quand Anna meurt, Martin ne pleure pas tout de suite. Il veille, il embrasse, il décide. Il refuse qu’on sépare Lily de lui. Il refuse qu’on les arrache à ce qu’ils ont encore. Alors, à l’aube, il s’enfuit avec elle. Ils traversent le parc, brisent le grillage, et s’enfoncent dans la forêt.
Trois jours d’errance. Trois jours de froid, de faim, de doute, de courage. Jusqu’à la rencontre. Grenouille, à peine sept ans. Une cabane invisible. Une clairière. Et d’autres enfants. Ils sont huit, ils vivent là, seuls. Ils sont les enfants des bois.
Commence une vie nouvelle. Hors du monde. Hors du temps. Martin apprend. Lily grandit. Grenouille transmet. Il sait qu’il devra partir un jour. Le monde des adultes approche, grignote les arbres. Mais la clairière tient bon. Elle s’organise, se défend, invente ses lois, son rythme, sa mémoire.
Les enfants des bois est le récit d’une rupture et d’une renaissance. Un roman d’enfance et de survie, où l’amour est un abri, le silence un langage, et la forêt une patrie.